L'art chemin faisant - 29 juin 2003 - Pont-Scorff

J'ai sans doute tort de me la poser... J'ai tort de me la poser vraiment (elle a une réponse intégrée au travail lui-même, et je devrais toujours m'en satisfaire: «tu le fais parce que tout le reste est infiniment moins excitant»).
Comme je n'ai pas le pouvoir d'infléchir ou de ralentir le patient travail de démolition à l'oeuvre depuis si longtemps visant à la superposition des notions d'art et de culture*, je devrais feindre d'en être le spectateur amusé. Ou, bien entendu, un des organisateurs. Mais jouer au con m'emmerde au moins autant que mes crises mensuelles de furie révolutionnaire qui retombent comme des lendemains de cuite. Quoiqu'il en soit, je fais cette chronique de L'art chemin faisant à reculons, comme je suis allé à reculons à Pont-Scorff où se déroulait cette manifestation, tiraillé entre la certitude de me lancer dans la plus grande confusion — la plus totale contradiction — et le désir de rajouter un chapitre à mon travail entamé depuis le Gibbon culturel.


* D'une part l'art considéré par ceux qui n'en font pas comme le salaire ludique et culturel légitime d'une dure semaine de travail, et d'autre part l'art considéré comme un jeu, une attitude, un point de vue sur le monde, ou Dieu sait quelle autre foutaise par les artistes eux-mêmes. Il y a de quoi fatiguer. Pourquoi diable s'agiter pour préserver quelque chose dont personne ne veut ou pour défendre des qualités dont tout le monde se fout?